• Pauline

Positive attitude

Dès que l'annonce de cancer est faite, votre entourage, vos proches, les soignants n'ont qu'une expression: "Tu dois rester positive! C'est la moitié du traitement!"


Certes... quoi que! Cette injonction à la positivité est parfois lourde à porter. Et si jamais on ne l'avait pas? Si on ne guérissait pas, ce serait alors de notre faute?


Dans les deux camps qui divisent les êtres humains, je suis plutôt de celui des pessimistes. Pas pour être négative d'office, non! Mais pour être le moins déçue possible. Alors à l'annonce d'un cancer, on pourrait tout naturellement imaginer ma réaction. Mais je n'ai pas été sidérée, ni désespérée. Evidemment on se demande "pourquoi moi?" Et je n'aurai jamais la réponse. Ni moi, ni les autres... Je crois que l'une de mes préoccupations a été de savoir à quelle sauce j'allais être mangée... J'ai, jusqu'à présent, eu la chance que mon entourage soit relativement épargné par cette maladie. Donc je ne savais pas grand chose...

Et puis on vous annonce que vous êtes malade et vous ne sentez rien. On vous dit que vous allez vous battre: d'accord mais contre quoi? C'est un mal invisible. Ce ne sont pas plutôt les soignants qui vont combattre ma maladie? Pour ma part, j'ai surtout eu l'impression pendant les premières semaines que l'on parlait d'une autre personne.


Ce dédoublement plairait sans doute au Dr Dayan, psychanalyste de l'excellente série sur Arte En Thérapie . Cela m'a permis d'exprimer plus facilement mes ressentis, inquiétudes et rester positive.




Alors pour rester positive, on nous parle des petits plaisirs de la vie à chérir. Pour moi, mes plaisirs sont la natation, le spa, les restaurants, les dîners entre amis, les week-ends familiaux, les expositions... La Covid m'a privé de cela. Comme tout le monde... mais c'est tout de même une double peine: cancer + coronavirus!


Alors pour mettre de la lumière dans ma vie et mon parcours de soins, j'ai organisé ma journée: petit-déjeuner, sport, mails et sms, déjeuner, balade avec podcast dans les oreilles, film ou série ou couture ou blog ou courses.... Puis vient le soir. Les plaisirs se calent donc dans ce planning désormais bien rôdé.


Pour rester positive, je prescris donc:

- un look différent chaque jour: à prendre en photo. Je l'envoie à mes amies et mes enfants chaque matin et je reçois des messages d'amour! C'est très agréable.

- un carré de chocolat noir à midi, ou le soir... ou midi et soir.

- des infusions: chaudes mais aussi froides à l'heure de l'apéro. L'infusion froide du Palais des thés, nommée Jardin anglais est ma préférée.

- du sport, sous toutes les formes possibles: gym à la télévision, application Nike (gratuite), chaînes Youtube, balades, courses, vélos... Il faut bouger.

- programmer de bons petits plats dans la semaine ou le week-end. Ma copine Ghislaine, qui s'y connaît en cuisine, m'a conseillé le blog Papilles et pupilles et plus spécialement les idées de Yotam Ottolenghi. Quelques recettes en anglais d'Ottolenghi aussi. Cela va me changer de la cuisine italienne.

- refaire sa manucure et pédicure tous les 3 ou 4 jours. Bien faire 4 couches: une base, 2 couches de vernis et un top-coat. Vernis au silicium et dissolvant sans acétone (Yves Rocher en propose un). Pour les vernis: Même et La Roche-Posay (que je préfère).




Et trouver une ou plusieurs activités nouvelles. Pour moi, le blog que je vous soumets est un vrai plaisir. Et pour tout dévoiler, chaque post me prend de plus en plus de temps. J'ai également commencé à prendre des cours de couture en ligne. Et me voilà en train de vouloir coudre le plus souvent possible... Une vraie thérapie.




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